GUIDE D’HAÏTI

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Accueil > DIASPORA > GUYANE > DÉCOUVERTE MICHELINE C.

On dit souvent qu’il n’y a pas meilleure thérapie mentale que de s’évader pour découvrir et voir le monde. On revient toujours grandi d’avoir assisté à un événement, rencontré un être singulier, posé les yeux sur un paysage différent, sur le métier d’une personne, sa passion, sa vie, ses désirs, du nôtre, mais toujours époustouflant. GUIDE HAITI, Micheline colectionsPendant qu’Haïti souffre de tous les maux, ses enfants continuent de faire rêver le monde, chacun a leur manière. L’exemple n’est pas trop loin de nous, il est là, Micheline Pierre en est un."Cela vaut le détour".....
Par : Pierre Thelemaque

Présentation
Bonjour Micheline, pouvez-vous vous présenter à nos lecteurs ?
M.P : Je suis née un 21 mai début des années 70 ce que je n’aime pas trop dire car je ne fais pas du tout mon âge (rire) à Pétion-Ville en Haïti, dans une famille de 5 enfants dont je suis la benjamine.
Mariée à Frédéric Pé, photographe belge.
J’adore la mode , la peinture et la photographie, mon travail est mon loisir préféré sans oublier me balader sur la plage , naviguer sur internet, marcher et danser ( les danses latines)

Je suis stylisme, créatrice de mode. J’ai déjà participé à une dizaine de défilés mais personnellement, j’en ai organisé 4 : mon premier en décembre 2005 en Haïti c’était à
l’institution Marie Clarac, le 2ème au Montcel un hôtel-restaurant à Kenscoff, ensuite en Belgique en 2008 à la ferme Massart et en Guyane avec l’association Sun Elite et la soirée Mod’in black kultur à kourou.

J’ai participé à plusieurs expo-ventes avec Femmes en Productions, l’Institut Français d’Haïti m’avait invité dans un échange culturel avec plusieurs stylistes, dont le créateur styliste camerounais Anggy Haif était l’invité spécial. Ce fut un super grand show en 2006.

C.E : Pouvez-vous nous parler de votre parcours personnel et professionnel ?
Micheline créationsM.P : Après des études pour le moins chaotiques (problèmes financiers et politiques en Haïti), je me suis retrouvée à faire du secrétariat à Port-au-Prince. A cette époque, je peignais et créais des vêtements par loisir et je participais régulièrement à des défilés et expositions.

J’ai connu mon futur mari en 2005 sur Internet, il vivait en Belgique
et était sur le point de partir au Cambodge pour y faire de
l’Aide-Humanitaire, j’ai réussi à le faire changer de destination,
nous nous sommes marié en 2007 et nous sommes partis d’Haïti en juin 2008 (après les émeutes de la faim).

Après quelques mois passés en Belgique ou nous avons organisé une
exposition et un défilé, nous sommes arrivés en novembre 2008 en
Guyane. Les débuts en Guyane ont été pénibles, nous n’avions aucune
ressource, nous avons survécu en vendant quelques-uns de mes tableaux.
Nous avons ensuite trouvé du travail et nous avons pu nous installer.

Un an plus tard, mon mari perd son travail et décide d’essayer de
vivre de sa passion, la photographie et un an après, c’est moi qui
décide de quitter mon employeur pour tenter de vivre de ma passion, le
stylisme.

C.E : Comment êtes-vous arrivée dans le monde de la couture ?

M.P : Ca a toujours été une passion chez moi, j’ai toujours peint et dessiné des vêtements.

C.E : Aviez-vous été influencée par les grands couturiers ?
M.P : Je suis toujours influencée par certains comme Anggy Haif pour
son coté ethnique et très branché, j’aime beaucoup les créations de
Jean-Paul Gaulthier, son style extravagant m’épate, Elie Saab etc.

C.E : Quels sont vos référents dans ce domaine et pourquoi ?
M.P : J’aime la mode africaine, les tissus aux couleurs vives, les
créations de Jean Paul Gauthier, son coté extravagants, je suis antillaises, la chaleur, le soleil c’est ma raison d’être les couleurs chaudes font partie de mon caractère je ne me vois pas travailler les froides sans le contraste chaud-froid

C.E : Vous avez travaillé avec Anggy Haïf, grand styliste camerounais, vainqueur de l’aiguille d’Or 2005, qu’avez-vous appris pendant cette collaboration ?
M.P : Sa créativité, son savoir faire, son esprit d’équipe, son
professionalisme.et j’ai appris aussi à utiliser les objets de la
nature pour créer, c’est vraiment original.

C.E : : Il y a-t-il des facteurs qui ont influencé votre choix de carrière ?
M.P : Ah oui, j’ai été influencé toute petite par ma grande sœur qui
confectionnait nos robes à la main pour les fêtes de noël,(elle confectionne encore de superbe sacs en perle)et chez les sœurs (l’école que j’ai fréquenté) on faisait de la broderie depuis à 6
ans c’était obligatoire je crois que j’ai aimé ce moment.
Apres la fin de mes études classiques. J’ai appris un tas de choses
(Secrétariat, Sciences économiques, Diplomatie, Arts plastiques
pourtant je dessinais tout le temps des vêtements que je faisais
confectionner et les peindre moi-même.
Un beau jour j’ai découvert les vêtements de Murielle Créations, elle ne confectionne pas mais elle dessine bien et cela m’a ouvert les yeux sur ma voie.
J’ai commencé à participer à des expositions en Haïti, juste par loisir.
Voila le résultat maintenant, je vis de la mode.

C.E : Où avez-vous effectué vos études et comment cela s’est passé ?
M.P : En ce qui concerne la couture, ma meilleure prof fut ma grande sœur Jacqueline qui est couturière comme j’ai répondu plus haut. Je dessinais tous mes modèles, elle les réalisait. J’ai suivi également une formation sur la Mode financée par l’Ambassade du Canada. Je suis actuellement des cours par correspondance à Lignes et Formations, une école de créations à Paris.

C.E : Qu’est-ce qui était le plus difficile pour vous pendant cette période ?
M.P : Le financement, et c’est encore difficile parce qu’il faut
acheter du matériel, du tissu constamment, des fournitures pour les
créations. Dans les expos, je ne vendais pas beaucoup mais ça me
faisait de la publicité

C.E : Avez-vous fait quelque chose de particulier en Belgique ?
M.P : Nous ne sommes restés que quelques mois en Belgique, le temps de mettre nos « papiers » en ordre pour pouvoir entrer en Guyane, la destination de nos rêves. Nous avons cependant organisé une soirée défilé-expo-concert et j’ai eu l’opportunité de jouer un rôle de figurant dans un téléfilm franco-belge avec Alexandra Vandernoot titré« A Tort Ou A Raison ».

C.E : Comment expliquer ce retour en Guyane alors qu’en Belgique vous aviez plus de possibilité de vous montrer au monde ?
M.P : Le climat !
Je ne connaissais pas du tout la Guyane, On peut se montrer au monde n’importe où tout dépend de ses contacts ou de ses potentialités. De nos jours l’internet est un excellent moyen.
Une des filles en Belgique qui a défilé pour moi m’a écrit un email
pour me dire « Micheline j’étais en Ecosse, j’ai vu une fille portée
une robe de ta création ! J’étais trop contente. Ça fait chaud au cœur !
J’aime la Guyane, c’est un pays qui m’inspire avec les différentes ethnies et la chaleur qui dégage dans ce pays, je me sens chez moi Après Haïti, La Belgique le pays de mon autre moitié, Guyane, c’est mon pays d’adoption.

C.E : Depuis votre retour en Amazonie, qu’avez-vous fait comme activités ?
M.P : A notre arrivée mon mari et moi fin octobre 2008, nous ne Micheline Créations/ Guide Haïti
travaillons pas tous les deux, on devait chercher du boulot.
Un mois après mon mari travaillait comme chef comptable et responsable administratif dans une clinique, je devais avoir mon titre de long séjour français avant de pouvoir trouver du travail puisque mon titre de séjour belge n’était pas valable en Guyane.
Je faisais parti d’une troupe théâtrale « Le Méridien » avec Gregory
Alexander qui est super bon metteur en scène qui est revenu récemment en Guyane, il évoluait en France, On a joué ensemble avec plusieurs autres comédiens comme Patrick, Roland très connu en Guyane lors de la commémoration de l’abolition de l’esclavage le 10 juin 2009 sur la Place des Palmistes. Je dois te dire que j’adore le théâtre, non seulement j’écris, j’interprète mais, on ne peut pas tout faire dans la vie, il faut choisir.

C.E : Le public est un monstre à mille têtes dit-on. Tantôt, il boude
les artisans et les artistes, tantôt, il décide de les encenser.
Pourtant, certaines personnalités donnent l’impression de
l’apprivoiser. Il y a-t-il une recette particulière ?

M.P : Le public aime le savoir faire, la recette c’est se montrer ou
agir en professionnel

C.E : Comment faites vous pour conjuguer votre vie de famille et celle professionnelle ?
M.P : Les deux font la paire (rire) Dieu merci je fais un métier où je
suis souvent à la maison comme mon mari est photographe artistique,
c’est lui qui fait les shooting pour mes modèles, on travaille souvent
ensemble. L’un comprend l’autre. L’important s’est savoir gérer son
temps en prenant soin de son foyer.

C.E : Selon vous, quels sont les principales contraintes de la vie
professionnelle qui interfèrent dans sa vie privée ?

M.P  : Primo :c’est quand le travail passe avant tout et deuxio
quand il n’y a pas de rentrée d’argent après avoir travaillé comme une dingue les factures, le loyer qui n’est pas à bon marché, les impôts ?.
Quand on travaille les clients ne paient pas à temps ça cause d’énormes problèmes dans la vie privée

C.E : Quelles sont les qualités d’une bonne styliste ?
M.P : Non seulement dessine mais est en mesure de réaliser ses silhouettes Etudie ses matières : textile, tissus, accessoires. Micheline créations
Conseille aux clients sur les styles de tenues appropriées à leur physionomie

C.E : Vous êtes très sollicitée aussi bien pour coudre ou pour
participer à des défilés, que préférez-vous le - plus et pourquoi ?

M.P : J’aime coudre, mais honnêtement je préfère les défilés parce que beaucoup de gens voient le travail, la création et c’est super
excitant de voir des mannequins défilés avec ses créations. C’est de
la publicité en plus.

C.E : Comment prépare t-on un défilé, quelles sont les différentes étapes ?
M.P : C’est un travail colossal, il faut tenir compte des vêtements,
sil y a un thème pour les créations, le lieu, un bon éclairage uni
pour la photographie, j’ai participé à un show en décembre l’éclairage
n’était pas bon, le mauve, n’avait pas sa place, j’avais une superbe
robe de soirée vert bouteille en photographie ça donnait gris.
Planification de la musique (sonorisation) si c’est plusieurs
stylistes, tel tableau dans l’ordre, loge des mannequins, penderie,
des personnes pour aider dans les coulisses, maquillage, coiffure,
tout à planifier…

Avant le défilé :
le choix des tissus, accessoires, le nombre de
tenues à présenter, thème facultatif, confection sur mesure 36 ou 38,
ça dépend du styliste ou des modèles
Il faut confectionner sur vrais mannequins des fois.

C.E : Quels sont les projets d’avenir
Mode MichelineM.P : je devrais faire un défilé cet été à Paris à cause de ma participation à un concours en Martinique je l’ai
repoussé pour printemps 2012 si tout se passe bien
Et plusieurs autres défilés en Haïti- Afrique- Etats-Unis… on espère !

C.E : Aspirer à devenir styliste, est-ce avant tout une affaire de
confiance en soi ou encore d’esprit de communication ?

M.P : Quel que soit ce qu’on fait dans la vie pas seulement Styliste, il faut avoir confiance en soi et l’esprit de communication est
indispensable pour réussir ! Les gens adorent quand on leur parle,
leur faire des propositions et surtout leur écouter ! Surtout dans un
monde où tout va trop vite. Parlons de communication sans parler
d’internet ce sera une erreur, Face book joue un rôle important dans
mon travail également. La plupart de mes clients a vu mes créations et
m’a contacté.

C.E : Quelle image pensez-vous véhiculer individuellement dans le domaine ?
M.P : A travers mes créations, je véhicule la paix, j’aime travailler
avec les couleurs rouges, jaune, vert, orange … Le métissage, non au Mode creations
racisme, le vert c’est pour la protection de l’environnement ! Les
couleurs chaudes reflètent la joie de vivre, le soleil qui brille en
chacun de nous. J’utilise beaucoup les tissus africains car l’Afrique c’est notre terre maternelle. Le positif !tel est le message que je véhicule

C.E : La concurrence du monde dans lequel vous vous êtes lancé est
sans doute féroce. Que redoutez-vous le plus quand vous participez ou organisez un shooting photo ?

M.P  : Pour le moment je n’ai pas encore travaillé avec un photographe autre que mon mari (www.michefred.com). Et il me donne de superbes photos qui mettent beaucoup plus en valeur mes modèles et mes créations

C.E : Vous préparer actuellement un concours en Martinique pour
représenter Haïti, pouvez vous nous en dire d’avantage ?

M.P : C’est un concours lancé par l’association AFROK qui se trouve en Martinique. Je me suis inscrite, et me voilà sélectionnée parmi plusieurs autres créateurs de mode d’Afrique, Europe et des caraïbes.
Je représenterai Haïti avec fierté .Le déroulement du concours c’est du 15 juin au 26 septembre 2011. Chaque participant présentera 14 créations :
4 tenues hommes/ femmes
4 bijoux
4 balnéaires (tenues de plage)
2 Enfants

Je pars en Martinique le 18 septembre pour le grand défilé et les shooting avec les photographes internationaux http://www.afrokaraib.org/- ce site vous donnera plus d’infos


C.E : Vous êtes originaire d’Haïti, la première République noire, dit
on fièrement les haïtiens, mais qu’est ce que ce pays évoque pour vous
aujourd’hui ?

M.P : Dommage, nombreux sont les haïtiens qui sont peu fiers de
révéler leur identité à travers le monde. J’aime ce pays et je
l’aimerai toute ma vie malgré, l’exploitation, la misère redoutable,
le manque d’éducation, le séisme, les maladies incurables ? le peuple
haïtien, mes frères gardent toujours de l’espoir ! Je veux moi-même
aussi espérer, lutter et contribuer à la reconstruction du pays. Car
ce pays évoque pour moi aujourd’hui « yon kouraj dyab) Dans les pays
où les gens possèdent tout, on enregistre tellement de cas de suicide.
En Haïti en dépit du nombre d’handicapés, enfants sans famille, jeunes
sans éducation, ils disent oui à la vie. Haïti = Courage

C.E : Quels conseils donnerez vous aux jeunes haïtiens en particuliers ou encore aux jeunes du monde entier qui souhaitent faire leur intégration dans le monde styliste ?
M.P : Le métier de créateur de mode est un métier de luxe d’abord, ce n’est pas tous les jours qu’on peut manger pour commencer !
Sans la passion on n’atteindra pas le but, c’est très beau de voir
défiler ses créations mais le travail qui est derrière tout ça est
énorme ! Des jours et des nuits sans sommeil, pour créer ! Aux jeunes
du monde entier et surtout aux haïtiens qui souhaitent se lancer dans
cette carrière je vous conseille de bien réfléchir et d’avoir la tête
ferme sur les épaules, il y a beaucoup de difficultés à rencontrer et
rien n’est facile et préparez- vous à la concurrence mais surtout ayez
confiance en vous et oser l’impossible

C.E : Le mot de la fin
M.P : Un grand remerciement à Caraïbes Express pour cette opportunité que vous m’avez accordée. Le travail est difficile, le chemin est rocailleux l’important c’est qu’il y a de la volonté. " tchembe rèd pa moli "
 
Succès continu !

Milles Mercis à tous ceux qui m’encouragent en portant mes créations, aux modèles d’Arc en Ciel, Sun Elite, qui sont fidèles, à des amis qui croient en ma réussite, Et à mon tendre époux Frédéric sans son support, ses superbes photos, sa totale confiance en moi je ne serais pas là aujourd’hui.

Pour me joindre http://www.michefred.com

Micheline Créations sur face book

C.E = Caraïbe Express
M.P = Micheline Pierre